Ivry Gitlis

Direction artistique : Vladimir Spivakov

Hommage à Ivry Gitlis

32e Festival
International
de Colmar

Du 3 au 14 juillet 2021

Ivry Gitlis (1922-2020)

L’archet de l’âme

La 32è édition du Festival International de Colmar rendra hommage à un monument de la musique, le violoniste israélien, Ivry GITLIS
Au-delà de son génie musical et dernier grand d’une génération, Ivry GITLIS etait un violoniste hors-pair et une grande source d’inspiration, Il reste le symbole d’une nouvelle manière, plus libre, de diffuser la musique classique et contribua depuis des années à la populariser.
Ivry GITLIS sera la figure de proue de Colmar du 4 au 14 juillet 2021

Le tout sous la direction de Vladimir SPIVAKOV avec l’Orchestre National Philarmonique de Russie.

L'édito de Vladimir Spivakov, directeur artistique du Festival

« … être vivant, être conscient, entendre, savoir, sentir, voir, aimer et être aimé un peu parfois. »

Ivry Gitlis

 

Dans la vie, il nous arrive des rencontres importantes, qui nous frappent et qui, avec le temps, deviennent inoubliables. Tel fut le cas pour moi avec Ivry Gitlis à Paris en 1965, après mon prix au concours Marguerite Long-Jacques Thibaud. Gitlis m’invita chez lui. Comme il parle beaucoup de langues, notre conversation se déroulait en russe, ce qui était étonnant. Pour un jeune homme (je n’avais que 20 ans à l’époque) c’était très important qu’un tel maestro que l'on considérait déjà comme une légende vous encourage, et c’est la première chose qu’il fit. Ivry commenta mon jeu en termes très élogieux. Puis soudain, il prit son violon et commença à me jouer du Bartók. Son jeu m’émerveilla, m’éblouit, non seulement par sa qualité et son excellence technique mais aussi par son extraordinaire liberté, apanage des seuls grands maîtres. Cette rencontre m’a laissé un souvenir impérissable. En me la rappelant aujourd’hui, j’ai décidé d’interpréter au festival la Première rhapsodie de Bela Bartók…

Par la suite, les aléas de la politique nous empêchèrent de sortir de Russie. Cependant, les étudiants du Conservatoire parvenaient à s'échanger des enregistrements. Ainsi, quand apparut l'enregistrement de La Capricieuse, une petite pièce d'Elgar, et que nous la comparûmes aux versions des grands violonistes de l'époque qui la jouaient souvent, nous ne pûmes que reconnaître la suprématie du jeu d'Ivry !

Qu'avait-il de si particulier?

Pour répondre à cette question, je voudrais raconter une parabole. Au Japon, vivait un grand maître de la cérémonie du thé, qui avait un fils. Il lui enseignait toutes les règles de la cérémonie et un jour, devenu vieux, il lui dit : « Maintenant je voudrais voir ce que tu as appris ». Le fils prépara de la vaisselle convenable, selon les règles de la cérémonie du thé, sablonna le qui menait au pavillon et appela son père. Le père observa et dit : « Tout est correct, mais il y a quelque chose qui manque ». Il sortit du pavillon, s’approcha d’un arbre et le secoua. Une seule feuille rouge tomba sur le sentier. « Maintenant, c’est de l’art ».

Cette parabole s’applique parfaitement à Ivry Gitlis : on peut entendre « la feuille rouge » dans toutes ses interprétations des œuvres différentes.

J’ai construit le programme du Festival comme Marc Chagall créait ses vitraux : avec une multitude de petits fragments, pour créer l’impression d’un tout. J’ai convié des meilleurs violonistes du moment et j’ai formé le programme autour des œuvres que Gitlis éclaira de son interprétation.

Ainsi, on entendra le Concerto de Sibelius, avec lequel Ivry a débuté aux États-Unis, sous l'archet de Viktoria Mullova. Dans son autobiographie, il écrit : « Pour jouer Sibelius, il faut penser aux centaines de lacs de la Carélie, à l’espace de ce pays. Cet espace rejoint les steppes de ma mère, où on entend de loin des voix russes qui s’approchent, crescendo, et s’éloignent, diminuendo ».

On jouera également Beethoven, qu’Ivry Gitlis aime tant, ses œuvres de musique de chambre ainsi que symphoniques, y compris le Concerto pour violon dont le soliste sera Vadim Gluzman. Le Concerto de Tchaïkovski, qu’Ivry Gitlis joua à la finale du Concours Long-Thibaud, sera interprété par Serguei Dogadin, qui obtint le 1er prix au Concours Tchaïkovski, le Concerto de Mendelssohn par Maxim Vengerov, et le Premier concerto de Bruch par Renaud Capuçon, qui, lorsqu'il avait 16 ans, prit des master-classes avec Ivry Gitlis. Pour le Troisième concerto de Saint-Saëns, le soliste sera le premier violon de l’Orchestre national philharmonique de Russie, Timur Pirverdiev, qui assista aux master-classes de Gitlis en Israël.

Le programme du Festival comprend également des œuvres de Brahms et Bartók, compositeurs importants dans l’art de Gitlis. Clara Jumi-Kang et Alexander Ramm « croiseront les archets » (pour utiliser une expression d’Ivry) dans le Double concerto de Brahms ; Daniel Lozakovich sera le soliste du Concerto pour violon de Brahms, et Maria Dueñas interprétera des œuvres de Chausson, Ravel et Saint-Saëns.

Le programme des concerts de musique de chambre illustre aussi la diversité du répertoire d’Ivry Gitlis, allant de Bach et Mozart à la musique Klezmer.

J'ouvrirai le 32e festival de Colmar avec le Concerto à la mémoire d'un ange de Berg pour lequel Ivry Gitlis reçut le Grand prix du Disque.

Il y a quelque temps, j’étais à la tête du Jury du concours Violin Masters à Monaco. Le célèbre écrivain français Éric-Emmanuel Schmitt vint au troisième tour, invité par les organisateurs en tant qu’expert indépendant. Il a assisté au vote décisif et a complètement soutenu mon choix et ma manière de juger. Au dîner de gala, nous étions assis côte à côte et, avec beaucoup d’enthousiasme, Schmitt me disait qu’il venait d’écrire une nouvelle, « Concerto à la mémoire d’un ange » (qui recevrait bientôt le prix Goncourt). Je le demandai si ce titre avait un rapport avec le concerto d’Alban Berg du même nom. Il me répondit par l’affirmative. James Conlon, le chef principal de l’Opéra de Paris à l’époque, et moi, nous avons joué ce concerto en Espagne et en Allemagne.

Quand j’ai lu cette nouvelle, j’y ai trouvé ces mots que je voudrais partager avec vous : « Les notes du Concerto « À la mémoire d’un ange » s’élevaient entre les arbres pour rejoindre l’azur, la brume tropicale, les trilles d’oiseaux, la légèreté des nuages. Axel n’exécutait pas le morceau, il le vivait ; la mélodie, il l’inventait ; les changements d’humeur, les accélérations, les ralentis venaient de lui, entraînant l’orchestre, créant de seconde en seconde un chant pétri par ses doigts pour exprimer sa pensée. […] Il méditait au violon, avec l’autorité radieuse de l’inspiré, accentuant l’effet guérisseur de la musique, réveillant chez l’auditeur la dimension spirituelle qui le rend meilleur. »

A mes yeux, ce portrait de l’Artiste inspiré est une parfaite évocation d’Ivry Gitlis.


Vladimir Spivakov

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Les images des éditions passées

Par notre photographe Bernard Fruhinsholz

A PROPOS DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE COLMAR

Direction artistique : Vladimir Spivakov

Chaque année, le choix d’un thème porteur assure au Festival un concept pérenne. Ainsi l’hommage annuel rendu à un grand musicien devient le fil conducteur, permet d’aborder tous les répertoires et ouvre de nouveaux horizons : hommage à un instrument, à un pays, à une culture… Cette approche confère à l’ensemble de la programmation musicale une unité et une cohérence artistique qui lui permet d’accueillir les plus grands musiciens de la scène classique actuelle et un public fidèle.

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